An Update from CAEFS

An Update from CAEFS

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June 30th 2020

Since 1969, the Canadian Association of Elizabeth Fry Societies (CAEFS) has advocated for and with criminalized women in Canada to ensure substantive equality in the delivery and development of services and programs through public education, research, legislative and administrative reform, regionally, nationally and internationally.

How we understand our work, and who is included in that work, has and continues to shift.

At our 2019 AGM, CAEFS passed a resolution that sought to expand our mandate to explicitly include trans, non-binary, and two-spirit people. This resolution was brought forward by our Atlantic Elizabeth Fry Societies and acknowledged that local Elizabeth Fry Societies – and CAEFS – have worked with trans, non-binary, and two-spirit people since our founding, whether it was known to us or not. As a network, we are working to develop more competencies in order to engage in this expanded mandate with intention, in collaboration, and without causing further harm.

This moment has also solidified for CAEFS that our work must be grounded in a framework of abolitionist feminism – which necessitates working towards a world that is not only free from prisons, but free from the oppressive systems and structures that make prisons possible, including: white supremacy, colonialism, hetero and cis normativity, patriarchy, and capitalism.

CAEFS, and our local societies, are predominantly led by white cis women – and very few of us have been incarcerated.  This acknowledgement requires us to look inward to examine and address the ways that we at CAEFS and our network of local societies benefits from and upholds these systems in our own internal structures, processes, and policies.

We have taken small steps already (network wide trainings, reading groups, and internal discussions), but even as we begin this process, we know that we have a lot of work to do. Knowing that we are not capable of doing this restructuring work alone, we have begun reaching out for external oversight and guidance.

Women, especially and particularly, Black, Indigenous, and other racialized queer and trans women have always been at the forefront of fighting against state violence, including prisons. In this moment, their work has become more vital and visible than ever. We are grateful for the unrelenting commitment to justice and liberation, and the clarity of vision from Black Lives Matter and from movement leaders such as Marsha P. Johnson, Dr. Angela Y. Davis, Dr. Ruth Wilson Gilmore, Robyn Maynard, El Jones, Dr. Pam Palmater, and many, many others.

It is time for CAEFS to reposition ourselves as co-conspirators – taking our lead from those most impacted by state violence and working toward the shared goal of liberation for all. In the coming months, we will undertake the process of developing a revised mission, vision, and values that reflects this shift. As we do this, and in the years to come, we will work to align ourselves with these updated values, as we continue to evolve.

As Dr. Angela Y. Davis recently said, “I don’t think we would be where we are today, encouraging ever larger number of people to think within an abolitionist frame, had not the trans community not taught us that it is possible to challenge that which is considered the very foundation of our sense of normalcy. So, if it possible for us to challenge the gender binary, then we can certainly, effectively, resist prisons, and jails, and police”.

CAEFS Update June 2020

Le 30 juin 2020

Depuis 1969, L’Association Canadienne des Sociétés E-Fry (l’ACSEF) milite pour et avec les femmes criminalisées au Canada afin de assurer une égalité réelle dans la prestation et le développement des services et programmes par l’éducation du public, la recherche, la reforme législative et administrative, à l’échelle régionale, nationale et internationale.

La façon dont nous comprenons notre travail, et qui est impliqué dans ce travail a changé et continue de changer.

Lors de notre Assemblée Générale de 2019, l’ACSEF a adopté une résolution qui visait à étendre notre mandat pour inclure explicitement les personnes trans, de genres non conforme et bispirituelles. Cette résolution a été présentée par nos sociétés Elizabeth Fry de l’Atlantique et a reconnu que les sociétés Elizabeth Fry locales – et l’ACSEF – ont travaillé avec des personnes trans, de genres non conforme et bispirituelles depuis notre fondation, qu’elle nous soit connue ou non. En tant que réseau, nous travaillons à développer davantage des compétences afin de nous engager dans ce mandat élargi avec intention, en collaboration et sans nuire davantage.

Ce moment a également renforcé le fait que le travail d’ACSEF doit être ancré dans un cadre de féminisme abolitionniste – ce qui nécessite d’œuvrer pour un monde qui soit non seulement exempt de prisons, mais exempt des systèmes et structures oppressives qui rendent les prisons possibles, notamment: la suprématie blanche, le colonialisme, la normativité hétéro et cis, le patriarcat et le capitalisme.

L’ACSEF et nos sociétés locales sont principalement dirigées par des femmes cis blanches – et très peu d’entre nous ont été incarcérées. Cette reconnaissance nous oblige à faire une introspection pour examiner et adresser les voies que nous à  l’ACSEF et notre réseau des sociétés locales, bénéficions de ces systèmes et les maintenons dans nos propres structures, nos processus et politiques internes.

Nous avons déjà pris de petites mesures (formations à une échelle large du réseau, groupes de lecture et de discussions internes), mais même au début de ce processus, nous savons que nous avons beaucoup de travail à faire. Sachant que, seuls, nous ne sommes pas capables de mener à bien ce travail de restructuration, nous avons commencé à solliciter une supervision et des conseils externes.

Les femmes, spécialement et en particulier les femmes noires, autochtones et autres femmes queer et trans radicalisées ont toujours été à l’avant-garde de la lutte contre la violence de l’État, y compris les prisons. En ce moment, leur travail est devenu plus vital et visible que jamais. Nous sommes reconnaissants pour l’engagement inconsidérable pour la justice et la libération, et pour la clarté de la vision de Black Lives Matter et des leaders du mouvement tels que Marsha P. Johnson, Dr. Angela Y. Davis, Dr. Ruth Wilson Gilmore, Robyn Maynard, El Jones, Dr Pam Palmater, et bien d’autres.

Il est temps que l’ACSEF se repositionne en tant que co-conspirateurs – en prenant l’exemple de notre leadership de ceux qui sont le plus touchés par la violence de l’État et en travaillant vers l’objectif commun de libération pour tous. Au cours des prochains mois, nous entreprendrons le processus d’élaboration d’une mission, d’une vision et de valeurs révisées qui illustrent ce changement. Ce faisant, et dans les années à venir, nous travaillerons à nous aligner sur ces valeurs mises à jour, tout en continuant à évoluer.

ACSEF juin 2020